Une légère brise fait danser les fines branches du bouleau. La petite mine de mon crayon glisse sur les lignes de mon cahier, éclairé à la faible lueur d’une lampe de poche.
La nuit vient de se lever, laissant apparaître son ciel étoilé. Il ne fait pas froid, mon corps vêtu d’une fine robe d’été laisse la brise caresser mes jambes dévoilées.
C’est décidé ! ce soir, je dors à la belle étoile !
Il est tard, je perçois à peine les mots se former sous la pression de mon crayon de papier. Je fredonne un petit air, de ceux qui vous viennent à l’esprit sans raison, vous plongeant dans un monde de souvenirs où se côtoient de sages envolées de pensées et quelques actes polissons.
La silhouette du bouleau s’est fondue dans la nuit. Tout est noir à présent. Il y a encore quelques années, j’aurais été effrayée, mais mes peurs se sont effacées devant de tels attraits.
Petite, j’avais besoin des bras de mon père pour oser affronter cet espace infiniment petit, créé par une vue réduite à ne voir que la lumière.
Comme il était heureux mon père, ces soirs où il pouvait m’emmener fouler le sol de son pays chéri, juste pour écouter ces sons dans la nuit, sentir ces parfums nocturnes.
J’entends encore son rire résonner à chacun de mes sursauts. Ecoutes ! me disait il, regardes les étoiles, jamais le jour ne t’offrira ces merveilles. Tu ne dois pas avoir peur, la nuit peut être un merveilleux soleil.
Il se lançait alors dans la description des constellations. J e ne souhaitai pas retenir ce qu’il me disait, juste pour garder, à chaque fois, le plaisir de la première fois.
Aujourd’hui encore, j’aime l’entendre me raconter ces étoiles. Dans sa bouche, la grande Ourse devient une maman et la petite son enfant, embarquées dans des histoires fantastiques qu'il invenatait à chaque fois.
Mais le temps passe et la vie le fuit, alors il me faut retenir ces jolis récits pour les transmettre à mon tour à mes tout petits , découvrant le monde comme je le fis.
Un rayon de soleil caresse mon visage , j’ouvre péniblement les yeux. Le bouleau domine toujours ce jardin sauvagement entretenu.
Puis, au cour de la journée, les nuages viennent couvrir le soleil, mais la chaleur est toujours la même, lourde et humide. J’entends gronder le ciel, l’orage approche. Je devrais courir, me cloîtrer dans cette maison rassurante, parce qu’elle est celle de mon enfance ; mais je reste là, les yeux rivés sur ces nuages, avançant à grande allure, fouettés par le vent de la colère.
Le bouleau résiste aux rafales, chasse de ses branches, aux feuilles fragiles, cet élément qui tente de se mesurer à la force de cet arbre dont nous ne comptons plus les années de résistances, de combats, contre ce vent affolé ou sage.
Le ciel s’est assombrit, j’ai peur, mais ma peur est enivrante. Le regard fixé sur cette masse s’approchant de moi, menaçante, je plonge à nouveau dans mes souvenirs d’enfance….
à suivre...


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